Laboratoire d'Informatique Médicale et d'Ingénierie des Connaissances en e-Santé

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Projets

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RaMiPA

Raisonner pour mieux prescrire les antibiotiques

Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé

01/12/2016 - 01/12/2019

Coordinateur : Rosy TSOPRA

Responsable LIMICS : Rosy TSOPRA

Autres membres LIMICS :

Résumé :

Le mésusage des antibiotiques a des conséquences néfastes sur la population (émergence de résistances bactériennes), sur le patient (échec thérapeutique) et sur le système de santé (augmentation des coûts).

Près de quatre-vingt pourcent des prescriptions d’antibiotiques ont lieu en médecine générale de manière empirique, c’est à dire sans identification du pathogène à partir de prélèvements bactériologiques. Près de la moitié de ces prescriptions font l’objet d’un mésusage soit par la prescription d’un antibiotique pour une infection virale, soit par la prescription d’un antibiotique non recommandé pour une infection bactérienne.

Les Guides de Bonnes Pratiques Cliniques (GBPs) décrivent des situations dans lesquelles il est recommandé ou non d’utiliser les antibiotiques. Ces documents papier, peu mis à jour, implique un gros effort d’appropriation de la part des médecins. Pour aider les médecins à les utiliser, des Systèmes d’Aide à la Décision (SAD) ont été développés. Ces SAD aident à naviguer dans le GBP en fonction du contexte clinique du patient, et pallient au défaut de connaissance du médecin en l’amenant à mémoriser des associations condition patient/traitement. Ce type de raisonnement superficiel empêche le médecin d’anticiper des changements de prescription et de d’adapter à une situation « non apprise », puisqu’il n’a pas connaissance du raisonnement profond utilisé en antibiothérapie, qui s’appuie sur des connaissances pharmacologiques, bactériologiques, épidémiologiques et cliniques. Par exemple, dans la cystite simple de la femme, le raisonnement conduisant à recommander le fosfomycine trométamol est le suivant : cet antibiotique est naturellement actif contre E coli, la prévalence de résistance d’E coli est faible, son efficacité a été prouvé etc.).

Les solutions proposées jusqu’alors pour améliorer l’usage des antibiotiques n’ont pas eu des résultats escomptés maintenus sur la durée. Le problème vient peut-être de l’incapacité du médecin à analyser sa démarche de prescription par défaut de connaissance du raisonnement profond. Il serait intéressant de documenter cela et d’outiller le médecin dans une telle démarche.

L’objectif du projet est de concevoir et d’évaluer un SAD visant à réduire le mésusage des antibiotiques en antibiothérapie empirique en soins primaires. Ce SAD implémentera le raisonnement profond utile en antibiothérapie empirique que nous aurons explicité, afin de présenter des recommandations fondées sur les preuves, adaptables et extrapolables aux situations cliniques non décrites dans les GBPs, justifiées par des éléments de raisonnement, faciles à mettre à jour et présentées de manière ludique et facile à comprendre.

Le SAD obtenu sera capable de fournir des éléments de raisonnement aux médecins afin de l’aider à prendre une décision juste lors de la prescription d’antibiotiques. L’environnement proposé sera simple et facile à utiliser. Les recommandations proposées seront argumentées, flexibles et adaptables. Ces caractéristiques devraient favoriser son adoption par les médecins généralistes.
L’utilisation d’un tel SAD permettra de réduire le mésusage des antibiotiques. Ce qui aura des conséquences positives sur le patient (amélioration de la qualité des soins), le médecin (augmentation des compétences en antibiothérapie), la société (diminution des résistances bactériennes), et le système de santé (diminution des coûts).

D’autres perspectives seront envisagées ultérieurement à l’issue de ce projet : la connexion à des logiciels d’aide à la prescription (LAP), la mise à jour automatique des connaissances via des ressources extérieures (ex : Observatoire de résistances bactériennes), l’utilisation du SAD par les experts écrivant les GBPs, et par les organismes de formation médicale initiale et continue.

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